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Paris, le 5 mai 1922

5 mai

 

Monsieur l’Administrateur,

et mon cher Professeur,

La dernière fois que je vous ai vus vous m’avez promis que mes appointements seraient payés intégralement et que je pourrais continuer mes leçons jusqu’à la fin du juin. Cependant lundi dernier les portes de l’École des Langues orientales ont été fermées devant moi. Il est vrai que je ne peux pas enseigner par force, mais je ne peux pas, non plus, renoncer à mes droits. Je suis en train de préparer une série de démarches destinées on seulement au Ministère de l’Instruction Publique, mais aussi à un grand nombre de personnalités politiques et surtout scolaires. J’estime qu’après mes services impeccables de huit ans, où j’ai usé ma vie et ma santé avec un dévouement inlassable dont vous avez fait, vous-même, maintes fois l’éloge, le gouvernement français n’a pas le droit de me jeter sur le pavé. C’est une question à la fois morale et légale que je veux poser devant la conscience de la France. Cependant par un scrupule bien compréhensible, je ne voudrais pas agir avant d’avoir votre dernier mot. Si vous vous désintéressez complètement de cette question, pour moi vitale, vous le savez, je vous prierai de vouloir bien m’informer par un mot pour que je puisse avoir mes mains entièrement libres.

Veuillez agréer, mon cher Professeur, l’hommage de mes sentiments les plus respectueux.

D. Kévorkian

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