Paris, le 10 mai 1926
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10 mai
Monsieur l’Administrateur,
et mon cher Professeur,
J’ai reçu votre lettre circulaire du 3 mai 1926 concernant des recommandations aux répétiteurs au sujet de leurs fonctions et indiquant quelques livres sur la méthode d’enseignement des langues vivantes. Je vous en remercie beaucoup. Dès que j’aurai quelques loisirs, je lirai ces livres surtout ceux qui sont en français. J’espère pouvoir le faire au début des grandes vacances.
Quant à mon enseignement, j’ose affirmer que c’est tout à fait conforme à vos recommandations et je suis loin de considérer le résultat aussi sombre qu’il est décrit dans votre lettre. Autrement, j’aurais vraiment des remords. Je dirais même que ce résultat est assez satisfaisant pour deux années (12 mois) d’études et pour des élèves plus ou moins réguliers. J’insiste sur ce que ce progrès est acquis dans la classe même ; ni leçons d’échange, ni devoirs excessifs. Je vous serais reconnaissant si vous pouviez être, de temps en temps, présent à mes répétitions, ne fût-ce qu’une dizaine de minutes, et il vous serait facile de vous faire une idée de ce que je fais et même des capacités des élèves.
Ar exemple, en ce moment en deuxième clase nous faisons des journaux qui sont certainement difficiles, explications, toujours en turc : les élèves notent dans leurs cahiers les mots nouveaux en les devinant d’après mes explications.
En ce qui concerne la part du professeur ou du répétiteur dans le progrès total, ce serait mieux, je crois, de questionner les élèves eux-mêmes de n’importe quelle année et de n’importe quelle époque.
Certes, je ne prétends pas que ce progrès soit la perfection même, il y a des lacunes et même de graves ; on peut y apporter de grandes améliorations qui ne dépendent pas toutes du répétiteur.
Profitant, d’ailleurs, de votre aimable invitation, je me permettrai de vous présenter bientôt, par écrit, quelques réflexions détaillées à ce sujet. J’aurais pu le faire tous les ans, mais je craignais d’être ennuyeux.
Je vous prie de vouloir bien agréer, Monsieur l’Administrateur et mon cher Professeur, l’hommage de mes sentiments les plus respectueux et les plus dévoués.
D. Kévorkian

