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Paris, le 14 décembre 1922

14 décembre,

11 heures

 

NOTES prises au cours de l’entretien qui a

eu lieu le 14 décembre 1922 entre M. KÉVORKIAN,

répétiteur de turc, et M. Paul BOYER, administrateur de l’École, dans le bureau et en présence de M. J. DELABROUSSE,

chef du 3ème bureau

de la Direction

de l’Enseignement supérieur au Ministère

de l’Instruction Publique

 

 

M. KÉVORKIAN déclare que ce qu’il demande, c’est « un emploi tranquille », pour « un temps raisonnable ».

Il estime que, quand il a été nommé, l’Administrateur lui a « promis par son silence » que sa nomination à l’emploi de répétiteur pourrait être renouvelée indéfiniment : « C’est M. BOYER qui nomme, dit-il, et il pouvait me nommer pour toujours. »

M. KÉVORKIAN estime qu’il a droit à cet emploi « non pas indéfiniment, mais pour un temps raisonnable », c’est-à-dire de façon qu’il ait le temps de prendre ses mesures pour s’en aller.

Quand M. BOYER l’a prévenu qu’il n’était nommé que pour six mois, c’est-à-dire au début de janvier 1922 -lors de la visite que M. KÉVORKIAN a faite à l’Administrateur à l’occasion du Nouvel an, M. BOYER lui a dit qu’il lui fournirait les moyens de continuer ses études.

M. KÉVORKIAN allègue qu’il a toujours figuré sur l’affiche comme ses collègues et sans mention spéciale. Il estime que son traitement pour l’année 1921-1922 lui est dû intégralement. M. le Directeur de l’Enseignement Supérieur a confirmé cette manière de voir -et a ajouté d’autre part que sa nomination pour l’année 1921-1922 avait été irrégulière.

À quatre ou cinq reprises, l’Administrateur pose à M. KÉVORKIAN la question suivante : « Oui ou non, vous rappelez-vous que depuis trois ans je vous ai dit plusieurs fois chaque année que vous cesseriez d’être nommé le jour où la guerre serait finie ? » - M. KÉVORKIAN a fini par répondre : « Oui, je me rappelle parfaitement, mais depuis ces trois ans, des Turcs sont venus à plusieurs reprises pour proposer leurs services : pourquoi ne les avez-vous pas acceptés ? J’étais donc en droit de penser qu’on continuerait à me nommer. »

M. KÉVORKIAN estime qu’en le proposant au Ministère comme répétiteur pendant la période du 1er janvier au 31 octobre 1923, l’Administrateur a pris un engagement -à savoir l’engagement de le faire effectivement nommer.

L’Administrateur explique à M. KÉVORKIAN qu’un tel engagement n’a pas été et ne pouvait pas être pris par lui.

M. KÉVORKIAN, interrogé sur la question de savoir s’il accepte d’être indemnisé pour la fin de l’année 1921-1922, dans les conditions qui lui ont été proposées, refuse de répondre.

L’Administrateur lui rappelle les trois points qui font l’objet de l’entretien auquel il a été convoqué, en insistant sur ce fait que ces trois points sont absolument distincts et qu’il n’y a pas lieu de les mélanger.

En réponse à une question formelle posée par M. DELABROUSSE : « Acceptez-vous les propositions que vous renouvelle une dernière fois l’administrateur de l’École et qui se résument ainsi :

1°/ L’Administrateur remettra à M. KÉVORKIAN, à titre d’indemnités de départ, une somme de 3.000 francs (une formule de reçu, dont le texte est donné ci-dessous (1), a été préparée à cet effet par M. DELABROUSSE) ;

2°/ L’Administrateur proposera M. KÉVORKIAN à M. le Ministre de l’Instruction publique pour remplir à nouveau les fonctions de répétiteur de turc à l’École des Langues orientales du 1er janvier au 31 octobre 1923 ;

3°/ En ce qui concerne l’année scolaire 1923-1924 et les années suivantes, M. KÉVORKIAN ne sera plus l’objet d’aucune proposition pour le poste de répétiteur de turc à l’École des Langues orientales vivantes,

M. KÉVORKIAN a déclaré refuser ces propositions.

L’entretien a pris fin sur ce refus à midi.

 

  1. Formule de reçu préparée par M. DELABROUSSE :

Reçu de Monsieur BOYER, Administrateur de l’École des Langues orientales vivantes, la somme de trois mille francs à titre d’indemnité à forfait pour services rendus à l’École en 1922.

Fait à Paris, le

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