Paris, le 5 janvier 1915
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Monsieur le Directeur,
Je viens d'apprendre que dans votre école, la place de répétiteur de turc est actuellement vacante. Permettez-moi de venir présenter ma candidature.
Je suis Arménien, âgé de 28 ans, ancien professeur d'arménien et de turc au collège Berbérian de Constantinople, et actuellement étudiant à la Faculté des Sciences de Paris en vue d'en faire ma licence.
Précédemment, je gagnais ma vie en donnant des leçons particulières de turc à des élèves français et arméniens, qui sont en ce moment partis à la guerre.
J'ose vous affirmer que je me sens capable de remplir d'une façon irréprochable l'emploi que je sollicite. Non seulement je parle et j'écris couramment le turc, mais encore je l'ai étudié profondément en vue d'enseigner, et tous mes élèves tant à Constantinople qu'ici, ont profité en peu de temps de ma méthode pratique et directe.
J'ajoute qu'ayant reçu une culture française je suis profondément attaché à la France. Vous n'ignorez pas d'ailleurs que tous les Arméniens ont les mêmes sentiments sur ce point.
Je vous apporterai tous les témoignages que vous demanderez, tant des Français les plus honorables que des notabilités de la colonie arménienne à Paris.
Très désireux d'appartenir à Votre école, je me ferai un devoir, par ma conduite et un dévouement sans bornes, de vous donner entière satisfaction.
Avec l'espoir que vous voudrez bien accueillir favorablement ma demande, je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, l'hommage de mes sentiments les plus respectueux.
D. Kévorkian
Paris le 5 janvier 1915
312, rue St. Jacques

